Durant les années 70, au temps où j’étais encore célibataire et où il valait mieux être couvert de filles que couvert de boutons, quelques copains m’avaient convié à une virée à Agadir genre Maroc authentique.

Tente caïdale, méchoui “saigneur des agneaux” et toilette dans l’oued. La célèbre hospitalité marocaine et tout son charme. Le bonheur a voulu que j’y fasse la connaissance d’une jeune fille charmante et suédoise ce qui ne gâchait rien. Fille “au père”, elle était jolie, libre et elle sentait bon: en quelque sorte la poule aux odeurs. Elle était aussi à peu prés vierge quoiqu’elle ait déjà tiré des plans sur la moquette. Ca tombait bien, j’en étais encore au style Tarzan années 60, moumoute sur la poitrine et slip en peau de caribou. Comme je ne connaissais pas la Suède et qu’elle ignorait qu’il n’y avait pas de caribou au Maroc, nous nous sommes tout de suite bien entendus ! La balade touristique a tourné à la romance torride : nous sommes passés rapidement de la tente caïdale à la tente coïtale et du méchoui aux boulettes……
Après 15 jours d’ivresse, nous avons partagé nos souvenirs et nous sommes rentrés chacun chez nous. Heureusement, c’est tout ce que nous avons partagé car à l’époque, le bébé avant le mariage, c’était l’arme fœtale! Cela reste un excellent souvenir de jeunesse. A tel point que j’ai dit -longtemps après- à mon épouse qui n’est pas suédoise, mais qui est jalouse: quand l’un de nous va disparaître, je m’installerai à Agadir……..

Ah! Vieillesse! Vieillesse ennemie!

Si je cite Corneille, c’est pour vous faire prendre conscience que le temps passe et que vous devenez vieux. Mais si, mais si (comme disait Jésus), même les jeunots de 35 ans qui ricanent en lisant ces lignes. Donc, si vous êtes un homme L B P (lunettes, bedaine, prostate) ou une femmes H K S (humeur, kilos, suées), ce qui suit vous concerne.
Suivant que vous soyez archéologue, dentiste, agriculteur(trice), mineur, obsédé(e) ou autre, le vocable “trou” peut vous suggérer des choses très différentes. Mais si ce mot vous fait immédiatement penser à un parcours de golf, c’est que vous êtes vieux et là, les capotes sont cuites! Cela n’a pas marché avec moi, car je mûris alors que vous vieillissez. J’ai l’âge de mes haltères, mais je peux encore faire un don d’orgasme!
Puisque l’on parle de cela, j’aimerais corriger une idée reçue. On dit communément: un vieux satyre. Ce n’est pas vrai: un vieux, ça ne tire pas tant que ça. D’ailleurs, c’est le problème: s’il tirait plus, il satyrerait moins. En plus, l’âge venant, on grossit. Avant quand vous disiez: «je vais faire un régime», on vous répondait «Tu n’as rien à perdre». Maintenant on vous dit:«c’est une bonne idée». Bientôt, on vous dira: «cela paraît indispensable!».

Mais attention, il n’ y a pas que des inconvénients, il existe aussi les privilèges de l’âge.

La sagesse d’abord. Les plus jeunes pensent que nous avons atteint la sagesse parce l’on parle moins et que l’on réfléchit plus avant de parler. Alors que, plus prosaïquement, notre mémoire flanche et que l’on cherche ce maudit mot qui nous échappe! Mais cela nous autorise à proférer un tas d’idioties qui passent pour d’absolues vérités!
La surdité ensuite. Bien la surdité. Il est vrai que l’on entend moins bien ou du moins qu’on le fait croire. Mais cela permet surtout de ne pas répondre aux questions importunes, d’échapper aux conversations idiotes et de capter des secrets qui avant nous échappaient. Il ne faut pas exagérer non plus car la surdité n’est pas loin de l’ab-surdité……
Les gens pensent également qu’il y a un tas de choses que nous ne sommes plus en mesure de faire. Super! Nous n’avons plus à changer les ampoules –tu vas tomber de l’échelle!–, à porter les courses –avec ton dos?-, à sortir la poubelle –tu vas tout renverser!– et tout un tas d’autres tâches que par amour pour nous, nos proches évitent de nous laisser faire. N’est-ce pas touchant?
Et bien sûr, il y a la célèbre fatigue. Les jeunes ne sont pas fatigués, ils sont crevés, cassés, détruits, ou nases. Les vieux, eux, sont fatigués. Que c’est pratique la fatigue! On peut zapper le énième débatquilfautabsolumentvoirsurladeux, éviter de faire réciter les leçons au petit, échapper au film trop génial du réalisateur zoulou à la mode, et surtout, surtout, on peut s’endormir sur le canapé des copains au milieu d’une soirée insipide sans soulever l’opprobre générale. C’est bien simple, si j’avais su que l’on pouvait être fatigué comme cela, je serais tout de suite devenu vieux!

On ne vit que deux fois

Il ne faut pas trop se plaindre de la vieillesse, d’autres n’ont pas cet avantage. Desproges disait horriblement : «Noël au scanner, Pâques au cimetière !». Comme James Bond, on ne vit que 2 fois: une fois pour soi-même et une fois pour ses rêves. Mais on ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps ! On peut dire que l’on meurt pour toute la vie.
Je me souviens d’une anecdote sur un type qui, ayant une vie ratée, a préféré se soustraire à une vieillesse naufrage. Il s’est suicidé. Huit fois. Il a réussi ses 3 derniers suicides ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Il n’avait pas réussi sa vie, il a raté aussi sa mort, c’est cocasse. Mais il n’avait pas l’habitude, c’est la première fois qu’il mourait…… Et comme personne ne l’aimait, il n’a eu qu’un avis de déchets. Personne n’a encore trouvé l’élixir de la vie éternelle. Heureusement, car vous réalisez?
Premièrement, nous embêterions nos enfants “ad vitam æternam“.
Deuxièmement, ils n’hériteraient plus et pour un héritage, le plus facile ce n’est pas poste rapide, ni poste restante, mais post mortem quand même! Coluche ne pensait-il pas: «il vaut mieux passer à la poste hériter que passer à la postérité».
Enfin, l’éternité c’est bien mais c’est très long, surtout vers la fin. Les Egyptiens avaient résolu le problème: ils envoyaient tous les anciens au bal et ceux qui dansaient mal étaient momifiés, car “momie soit qui mal y danse“.

Retraite impayée

Sans tomber dans ces extrêmes, on devrait peut-être faire quelque chose pour le troisième âge avant que nous y tombions tous. En ces temps d’élection, un candidat pourrait prévoir dans son programme le règlement du problème récurent des retraites. Si j’étais candidat, je proposerais l’inversion d’un processus que je trouve injuste. Suivez mon raisonnement:
Une fois fini son cycle d’études -aujourd’hui on dit cursus-, disons vers 25 ans, l’homme (la femme aussi dans une moindre mesure) prendrait sa retraite pour 20 ans. Cela lui permettrait de voyager en pleine forme, de voir grandir ses enfants, de faire du sport sans risquer l’infarctus et de profiter des plaisirs de l’existence. Atteint 45 ans, il se mettrait à travailler pour 20 ans afin de payer la retraite de ceux qui arrivent derrière, ceci jusqu’à 65 ans, âge où il pourrait jouir d’un repos mérité. On ne serait plus obligé de courir au bout de la planète avec nos rhumatismes et une épouse acariâtre, noyés dans une cohorte bruyante de vieillards cagneux qui ont comme nous dépensé une somme honteuse pour s’offrir une overdose de temples shintoïstes dont ils se foutent totalement. Alors que l’on ne rêve que d’une chose : aller accompagner nos petits enfants au foot le dimanche.

Je suis sûr que cette idée rassemblerait des suffrages. On devrait peut-être fonder un parti? Le V.R.F. par exemple. Ce qui ne veut pas dire Véritable République Fraternelle, mais Vieillesse Retraite Funérailles. Il faudrait instaurer un programme “Vestiges“. Pour rester fringants, on organiserait des défilés de déambulatoire, des courses de fauteuils roulants et des duels de béquilles. Afin de garder l’esprit alerte (à Malibu comme ailleurs), on lancerait des concours de scrabble à 10 lettres, des tirages de bingo à 15 chiffres avec des lots adaptés genre: gagnez l’éternité avec la tombe Hola. On pourrait créer une Bourse d’échange où chacun pourrait trouver chaussure, sonotone et dentier à son pied. Avec un peu d’organisation et de bonne volonté de la part des plus âgés, on pourrait même obtenir des prix de groupe aux enterrements.

Nous n’en sommes hélas pas là. Alors, avant d’atteindre la sagesse ultime et la panne des sens, pensez à en profiter jusqu’à ce que vie s’ensuive.

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